• Clara

Écrire

Cet article aura mis du temps à germer... Et à être écrit aussi. J'ai très peu écrit ces derniers mois, en tout cas publiquement, et beaucoup de questions se posaient autour ça pour moi.


Certains moments, je n'avais plus envie d'écriture, et ça semblait irrévocable. Ça me faisait peur parce que j'adore ça et que j'en ai besoin. Parce que j'avais l’impression que c'était laisser le monde gagner. Gagner sur moi, et sur mes envies, sur mes mots, sur mon pouvoir. Gagner parce que j'avais envie de redevenir petite et qu'écrire pour moi, c'est tout sauf être petite, c'est prendre de l'espace, prendre sa place.


Mais, maintenant, je sais aussi que c'est simplement que je n'avais pas l'espace et certaines choses à guérir. Et que ça se produira sûrement à nouveau.


D'autres moments, j'avais envie d'écrire comme une envie de pisser #ExpressionSexy et ça me faisait du bien de savoir que c'était toujours là, même si je n'y ai pas mis de temps ou d'énergie, même si, aussi vite que c'était venu, l'envie s'évanouissait dans les méandres de la vie et d'autres priorités.


Je comprends petit à petit ce que l'écriture est pour moi, au-delà de tout ce qu'on y associe, je comprends mieux mes intentions, qui n'ont pas changé, je comprends mieux ce dont l'écriture a besoin pour s'épanouir à travers moi.


Elle a besoin d'espace, et je n'en avais pas à lui offrir.


(Pause : P****n, les gens, ça fait tellement du bien d'écrire! Après ça, j'irai sauter dans tous les sens plus ou moins en rythme sur n'importe quelle chanson).


Beaucoup de choses ont changé pour moi, en moi et à l'extérieur ces derniers mois. Des deuils, de nouveaux projets, des peurs et des défis.


J'ai découvert aussi la différence entre la pression et la persévérance. L'écriture ne germe pas dans la pression.

L'écriture a besoin de structure, de cadre, et j'ai oscillé entre un cadre trop rigide et une absence de cadre. Ce dont elle a besoin c'est l'image d'un parent qui laisse écrire son enfant. C'est comme ça que je le vois pour le moment.


Elle a besoin d'être là pour elle-même et pas pour les autres. Dès que les autres s'immiscent dans son monde, elle n'est plus libre, elle est coincée. Page blanche.


Je sais mieux, aussi, ce qui relève de moi et ce qui relève de vous, lecteurs, et ça me fait beaucoup de bien. Mon intention est toujours la même, partager mon expérience pour qu'elle enrichisse et questionne la vôtre.

Partager mon expérience pour montrer que toutes les expériences sont valables et méritent d'être entendues.

Partager mon expérience pour que ceux qui en ont besoin puissent s'y reconnaître et se sentir moins seul, comme moi je l'ai toujours voulu.


C'est à propos de moi, mais aussi à propos de vous.

Ce que vous lisez n'est que le reflet de votre monde intérieur, de vos expériences. Je me rends compte que vous ne saurez jamais ce que signifient ces mots pour moi, mais seulement ce qu'ils signifient pour vous. Et que si vous cherchez le sens que JE cherche à leur donner alors vous manquez la cible. Ces mots m’appartiennent quand je les écris, mais ils sont les vôtres quand vous les lisez. Et c'est toute la beauté de la chose.


Maintenant, je sais. L'écriture a besoin de moi, pas de vous.


J'ai eu tellement peur d'écrire pour les « mauvaises raisons », parce que j'ai besoin de reconnaissance, pour tisser des relations, pour déverser mon trop plein d'émotions, pour qu'on me valide. Maintenant, je différencie ces raisons, mais surtout ces besoins qui sont l'apanage de TOUS les êtres humains, et mes intentions. Peut-être que parfois, ces besoins me pousseront à écrire, et c'est okay. Et peut-être que ça me fera écrire des choses que je n'aurais pas dites de cette façon dans d'autres circonstances. Mais maintenant je sais que si je ne perds pas de vue mon intention alors ça ira. Et j'ai aussi le droit de faire des erreurs. Même, et surtout peut-être en public. C'est nécessaire.


Je mesure mieux les conséquences d'écrire pour internet, et je suis prête. Pour celles que je connais en tout cas, je serais prête pour les autres plus tard. Je suis prête pour les gens qui ne comprennent pas, qui tirent des conclusions sur moi, qui ne sont pas d'accord, pour les trolls. Je sais que tout ça n'a rien à voir avec moi. Je choisis de continuer quand même. Sans me forcer, sans pression, mais avec persévérance.


J'aime écrire parce que je peux voir mes pensées, les sentir s'organiser. J'aime écrire parce que je peux les partager et qu'elles ont un impact au-delà de moi.


Écrire, c'est presque comme parler à quelqu'un, mais différent. On en ressort jamais pareil.



PS : C'est drôle après avoir écrit cet article, un autre m'est venu. That feels good ! I'm back.

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