• Clara

2020

Bon, je vais pas vous mentir, j’ai procrastiné avec cet article. C’est compliqué de faire le point sur une année pareille, j’avais un peu peur d’être submergée. Surtout que ces dernières semaines ont été très intenses pour moi et que je n’avais pas envie de teinter mon bilan de mille émotions sans rapport.


Je ne peux pas dire que j’ai passé une année 2020 facile, comme la plupart d’entre nous j’imagine, mais comme je parle de moi, bah moi, c’est pas pareil, forcément. ;)


J’ai commencé l’année dernière sur les chapeaux de roue — est-ce vraiment une expression ?! — et puis… les choses ont pris un tout autre tournant.

Je me sentais enfin libre. Pendant un court laps de temps, j’ai enfin arrêté de me « second-guess » de m’auto-prendre la tête. J’ai eu l’impression d’avoir tout ce que je voulais, et qu’enfin tout allait se passer comme sur des roulettes dans une belle ligne droite. Et franchement avec tout ce que j’ai traversé ces dernières années et en 2019, je trouvais ça plutôt normal. Le karma quoi, quand t’en as bien chié normalement… le vent fini par tourner, non ? — J’étais mignonne à penser que j’avais été une bien bonne élève qui a souffert suffisamment pour obtenir le bonheur #cestcommecaquecafonctionnecestbienconnu —.


Le premier janvier, j’étais chez moi à Londres malade avec une copine qui était venue me rendre visite. J’avais vu un peu trop de monde et j’étais épuisée, et en même temps heureuse. J’avais décidé de me former au coaching et j’ai commencé en février. C’était tellement satisfaisant d’aller vers quelque chose que j’ai choisi plutôt que de prendre ce qui était là. D’une certaine façon, je commençais à voir au-delà du bout de mon nez.

La formation n’était pas facile, le niveau d’engagement était élevé que ce soit financièrement (et ça, c’est méga flippant pour moi), en termes de temps, d’énergie, d’apprentissage, de mise en action, etc. Alors quand le Covid a mis une pause, je l’ai accueilli avec joie. Je pouvais remettre en question ce choix, m’en extraire, revenir un peu sur des engagements qui me paraissaient trop gros, trop éloignés de ce que je faisais habituellement, un peu trop fou. Et si je ne regrette pas ce choix parce que j’en ai fait d’autres desquels j’ai appris, je reconnais aujourd’hui que j’ai laissé les choses se passer parce que j’avais peur — Scoop, j’ai toujours peur —.

Je me suis rendu compte que la peur a bien des formes et qu’on ne la voit pas toujours pour ce qu’elle est. Et c’est bien comme ça, j’apprends.


Coacher était à la fois génial et hyper frustrant. Tout le monde n’est pas prêt. e à mettre le travail nécessaire pour avancer, et j’ai expérimenté les limites de mes capacités, en tant que coach, mentor, accompagnante (??) et en tant qu’humaine. Non, je ne peux pas aider tout le monde. Je n’ai aucun pouvoir sur les autres. Je ne sais pas mieux qu’eux. C’est tellement facile de vouloir changer les autres pour ne pas se regarder. Heureusement que j’aime bien me regarder, j’y reviens toujours… Bref, travail en cours.


Je me suis beaucoup questionné sur les raisons qui me poussent à écrire ou à vouloir accompagner. Des remarques sûrement bien intentionnées m’ont fait croire que j’avais de mauvaises raisons de faire ce que je faisais. Et ça a touché quelque chose de profond en moi.

Il me faut toujours une bonne raison de faire les choses, et pas une bonne raison pour moi, parce que les raisons qui me suffisent ne sont jamais de bonnes. J’ai tellement appris que je pouvais me mentir à moi-même que je suis encore convaincue que si une raison n’est pas validée par quelqu’un d’autre, alors elle est mauvaise.

Cette année, j’ai dû apprendre à me faire confiance un peu plus, et à arrêter de chercher des explications pour satisfaire tout le monde. J’ai mis pause. J’ai mis pause à l’écriture et à mon envie d’accompagner, le temps d’être « sûre » que ce n’était pas un mouvement d’égo qui cherche à sauver le monde…. Je n’en serais jamais certaine, et c’est okay. Je n’ai pas à me justifier, j’essaie.

J’ai été accompagnée aussi cette année, et je me rends compte comme c’est précieux d’avoir un endroit où prendre du recul, où déposer des choses, où mesurer comme on avance, où déterrer des schémas moches dont on n’a plus besoin. C’est pour ça que je recommence cette année, un peu effrayée et pas qu’un peu enthousiaste. J’ai aussi pu partager mon expérience des relations toxiques et peu à peu prendre ma part de responsabilité — j’ai un article sur la codépendance quelque part d’ailleurs — et retrouver un pouvoir dans mes relations dont je me suis sentie démunie.


J’étais amoureuse aussi au début de l’année, j’apprenais avec un enthousiasme tout innocent et beaucoup de vulnérabilité — un peu trop à mon goût ! — ce à quoi pouvait ressembler une relation saine. Et en même temps, j’y vivais des choses qui ne me faisaient pas du bien. Je me suis posé beaucoup de questions, mais deux en particulier : Est-ce que je me sens comme j’ai envie de me sentir ? Et après une autre conversation remplie de doutes qui n’étaient pas les miens, ma réponse a été non. Je me suis aussi demandé ce que j’avais envie de vivre. Si je pouvais imaginer la plus belle relation possible pour moi, à quoi elle ressemblerait ? Et je ne crois pas qu’il faille quitter une relation qui ne ressemble pas à ce qu’on veut à un instant T, c’est seulement une indication. Mais cette indication, ce que je vivais et étais capable de faire à ce moment-là n’allait pas dans le même sens. Je crois que ça a été une des choses les plus difficiles de cette année. Me tenir à cette décision.


Une décision qui signifiait pour moi, je suis ma priorité et aucune relation n’a le droit de m’éloigner de moi à nouveau. Même avec les meilleures intentions.

Ce n’est pas la seule relation qui a pris fin cette année. Me protéger a aussi signifié mettre fin à l’amitié la plus importante de ma vie à ce moment-là. Et j’ai attendu que les choses m’explosent à la figure avant de faire quelque chose. Les résultats sont rarement les plus élégants quand on fait comme ça. Mais je ne regrette pas cette décision non plus. Je ne regrette pas les apprentissages et l’impression de m’être honorée. D’avoir pris soin de moi avant TOUT, avant les autres.


Cette année, j’ai pris soin de moi de mieux en mieux. Et je suis très fière de moi pour ça. Je reconnais ce que je veux, et je me laisse le vouloir. Je me laisse l’espace entre ce que je rêve et où j’en suis. Je rêve de plus en plus grand, et pas le sens uniquement matériel, plus grand dans le sens qui m’offre plus d’espace.


C’était une année difficile pour quelqu’un qui comme moi à un besoin énorme de communauté. Non seulement parce #covid, mais aussi parce que « trier » ces relations, ou plutôt choisir ne pas laisser entrer dans ma vie certaines personnes, ça donne une impression de vide et de solitude assez effrayante, même si dans l’ensemble, mes relations sont bien plus nourrissantes qu’avant, et ça, ça aide BEAUCOUP !!

J’ai aussi donné à la musique une place très importante pendant 6 mois où j’ai étudié. Sans surprise, je me suis mis une pression monstrueuse parce que j’avais une sensation d’urgence à remplir l’espace entre le niveau que j’aurais aimé avoir et celui que j’avais. C’était très dur de me confronter à mes limitations matérielles et de connaissance en particulier. Mais c’est aussi un des espaces où j’ai le plus appris la célébration de moi et des autres, chacun où nous en étions. Avec ce que ça nous demandait de travail, de vulnérabilité et de courage. Quand j’y repense, c’est un des plus beaux espaces dont j’ai fait partie cette année. Et je suis tellement reconnaissante d’y passer encore un peu de temps dans le futur.

J’ai appris qu’il y avait de la beauté à se confronter à nos limitations et j’imagine que c’est une des choses qui a inspiré mon atelier sur la célébration et mon attachement à cette pratique. C’est une des plus belles choses que je me suis offerte, que j’ai reçue et que j’ai donnée. C’était vraiment humbling.


J’ai été surprise de voir que je n’ai regretté aucune des décisions que j’ai prises en 2020, pourtant, on ne peut pas dire que c’était une année pendant laquelle j’avais beaucoup d’information à ma disposition pour prendre des décisions, et ce n’était pas non plus toujours des décisions faciles.

Je crois que j’ai fait tout ce que je voulais cette année. Et je me rends compte que ce n’est pas peu dire. #celebration #gratitude #pourdevrai


J’avais choisi le mot recevoir pour 2020, mais si je devais lui choisir un mot aujourd’hui, ce serait plutôt fondation. Après l’année 2019 égoïste, j’ai eu besoin de revenir aux bases de ce qui est important pour moi. Poser les fondations, et les actions nécessaires pour prendre soin de moi et m’aimer. Peut-être que l’année 2021 sera celle du Construire. J’espère. Ça pourrait être aussi celle de la foi. Je ne suis pas encore bien fixée sur le mot.


J’ai commencé l’année avec tellement d’espoirs, de bonnes intentions, d’enthousiasme et d’énergie. Je savais ce que je voulais et c’était une évidence que j’allais l’obtenir. Je n’en doute pas plus aujourd’hui, mais je me rends compte du chemin qu’il me reste à parcourir et de la patience avec moi-même dont j’ai besoin plus clairement que je ne le voyais l’année dernière.


Avoir et faire tout ce que je veux, ne me rendra pas heureuse si je ne peux pas y être présente, et j’ai envie de vivre tout ça sur le long terme.

Prêt. e. s pour 2021 ?

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