• Clara

En cours...

On est le premier jour de la semaine aujourd’hui, et je suis sur le canapé, une couverture sur les jambes, je n’ai pas prévu d’en faire beaucoup aujourd’hui parce que c’est aussi le premier jour de mes règles. Et je ne sais pas trop quoi écrire.

Il neige en Angleterre, je ne peux pas encore sortir en profiter, mais regarder les flocons qui tombent et poser les mains dans la neige sur ma terrasse me semble bien suffisant avec mon niveau d’énergie actuel. Et en regardant les flocons tomber ce matin, je me suis dit, c’est comme dans ma tête en ce moment.

Tout est « en cours », semble-t-il. Je vois des petits bouts de réponses, des idées, des sensations qui virevoltent aussi doucement que ces tout petits flocons dans l’air froid de l’extérieur. J’ai eu envie, beaucoup, de faire descendre ses flocons plus rapidement, de les prendre dans mes mains pour les placer sur le sol et enfin voir clairement le dessin qu’ils forment. Mais je ne peux pas. Je le ferais fondre et ne saurais quelle est sa place dans le grand dessin qui prend forme sous mes yeux. Je ne peux qu’ouvrir ces yeux si curieux.

Je réfléchis aux intentions ces derniers temps, aux miennes, à celles des autres, à celles que je cherche à deviner pour faire sens de mes expériences plutôt que les ressentir parfois.

Je réfléchis à ce qui prend forme en moi, l’image de la vie dont j’ai envie pour le futur, proche peut-être. À la douceur, comme un printemps qui éclot. À chaque fois que j’ai cette sensation, je sais que c’est par là qu’il faut que j’aille, mais je n’avais jamais vu avant la préparation du printemps. Je l’ai vu déjà mouvant de vie, quand j’étais prête à aller le rencontrer, que tout était là et que je n’avais plus qu’à faire le pas. Aujourd’hui, dans l’hiver qui s’allège, je vois la lumière du printemps qui commence à apparaître, je suis capable de sentir la douceur de ce qui ne se voit pas encore et qui m’attire, c’est juste doux, et pour une fois, je suis simplement heureuse de l’observer en moi. Ma vie m’appartient, et elle appartient à l’Univers. Nous travaillons ensemble, mieux qu’avant.

Je suis heureuse et touchée de me voir faire passer mes besoins et mes envies avant celles de tous les autres, et surtout avant le besoin d’être « une bonne petite fille ». Ça me donne les larmes aux yeux de lâcher la main de cette idée idéale, et de dire à cette petite fille « tu es une bonne personne, quoique tu fasses, peu importe les interprétations des autres, tes erreurs, tes colères ». Je me félicite tellement chaleureusement de me laisser être en colère. C’est tellement tellement précieux pour moi. Je savoure le partage et le rire de ne pas être la seule à penser « Shut the f*ck up! ». Je suis reconnaissante d’apprendre qu’honorer le besoin de quelqu’un n’est pas le nourrir, mais parfois simplement le valider.

Je réfléchis à tous ces traumas qu’on ne peut pas accepter chez les autres parce qu’on ne peut les accepter chez nous, et à la façon dont nous sommes tous traumatisés.

Je réfléchis à la guérison, et aux petites choses qu’on trouve et qu’on arrive à prendre sur le chemin. À quel point le manque d’outil peut nous laisser impuissants.

Je pensais à ça, ce matin en faisant mon yoga sans être guidée par autre chose que mon corps, avec toujours la possibilité de revenir à la vidéo de cette chère Adriene qui m’accompagne chaque jour. Au plaisir de sentir que j’ai ces outils pour me débrouiller — presque — seule. Je n’aurais pas pu le faire il y a un an. Je me souviens il y a 6 mois, le petit sursaut à l’intérieur de moi « comment on va faire, on ne sait pas faire, on a jamais fait ?! ». Tout ça à la fois, et puis la décision de juste essayer, pas parce qu’il faut, parce que j’ai envie. J’ai copié, un peu, et exploré. Et aujourd’hui, encore.

Ça m’a fait réfléchir à mes outils, et comment, quand on trouve ceux qui nous conviennent ils nous portent au quotidien, sans même qu’on s’en rende compte. Ces outils vers lesquels on finira toujours par revenir, parce que comme toutes ces choses vers lesquelles on revient avec joie, elles font partie de nous.


J’ai réfléchi à ma relation avec l’argent. À la sérénité alors qu’aujourd’hui je prends plus de risque que je ne le faisais avant. Je sais que j’aurais toujours ce dont j’ai besoin. Je n’ai plus envie de me forcer à vouloir plus ou autre chose pour être sûre que je peux l’avoir. Ça ne marche pas comme ça, et je l’ai toujours su, mais la peur s’en fiche. De temps en temps, j’arrive à lâcher le besoin de preuve, et c’est reposant. Quand ce qui est vraiment important pour moi demande de l’argent, je l’ai toujours.


Je réfléchis aux souvenirs, à leur pouvoir, ce qui se cache dedans, comme j’ai toujours cherché dans les miens et ceux des autres qui je suis, et comment au fur et à mesure, j’ai suffisamment de petits points pour qu’un motif se dessine. Je peux enfin voir qui je suis se dessiner. Les souvenirs et cette offre que j’ai envie de créer. La première qui est vraiment « moi ». La première qui a du sens, pour moi et ceux à qui j’en parle, qui est douce. La première avec laquelle je peux et veux être patiente. La première dont je sais qu’elle évoluera enfin avec moi, et pas le contraire. Je suis heureuse de voir les choses évoluer avec moi ; plutôt que moi me contorsionner pour évoluer avec elles même quand ça me fait du mal.

Je suis au moment de pause où tout est « en court » alors que j’ai presque lâché le volant. Et l’écrire me donne ce petit sursaut intérieur. Comme ce matin, il y a six mois, à faire mon yoga toute seule.

Je fais ce que je sais faire, ce que j’ai à faire, right now. Écrire, prendre soin de moi, écouter. Surtout écouter aujourd’hui. C’est en court. À l’intérieur et à l’extérieur. Visible et invisible. Et pour une fois, c’est okay, pour moi, d’être… en cours. J’apprécie ce temps.

Pour une fois.

Je vous souhaite de pouvoir apprécier aussi ce temps, que je découvre tout juste. J’ai enfin les outils. C’est tellement doux. Je vous souhaite de la douceur.


La douceur du printemps qui se prépare en dessous de la couche neigeuse de l’hiver.

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