• Clara

Guérir n’est pas linéaire

Combien de fois, j’ai lu cette phrase ? Des dizaines. Dans autant de contextes différents.


C’est la phrase qui m’est venue aujourd’hui alors que j’étais à nouveau triste, pour une raison qui — selon qui d’ailleurs ? — ne devrait plus en être une.


Et je me suis souvenue : guérir n’est pas linéaire.

Ça m’a fait du bien.


Et alors que je vois aussi chez mes proches, ces phrases et ces croyances, ces souvenirs et ces manques qui reviennent toujours sous un nouveau jour avec la douleur qui les accompagne, cette phrase qui peut paraitre affreusement banale, me rappelle de procéder avec douceur, toujours plus de douceur, de compassion et de bienveillance envers ces vieux disques rayés qui reviennent nous hanter.

Je me souviens que guérir d’un cœur brisé n’est pas linéaire, qu’on ne peut pas recoudre une jolie ligne droite point par point comme on fait un ourlet. Ça ne marche pas comme ça.


Je me souviens de la fragilité immense de nos cœurs. Je me souviens qu’un rien les brise, d’autant plus qu’ils ont été brisés avant. Un mot qui touche ce qu’il y a de plus vulnérable en nous comme la pointe d’un couteau au centre d’une plaie invisible. Une absence. Un deuil. Des plus petites choses au plus grandes. La culpabilité que l’on ressent pour tout ce que l’on fait ou que l’on ne fait pas. Nous brisons nos cœurs nous-mêmes parfois.

Je me souviens que guérir n’est pas linéaire, et pas non plus proportionné à l’évènement, au mot, au temps. Comme ces étapes du deuil qu’on voudrait précipiter, de 1 à 5, et puis on passe à autre chose.

Pourtant, un jour tout va bien et le lendemain la douleur revient. Et puis elle repart. Un souvenir revient, et il fait aussi mal qu’au premier jour, ou qu’au dixième, et on se dit qu’on n’a pas avancé, que les choses ne changent pas, et parfois peut-être que tout ce temps et tout ce travail ne servent à rien. Un an, c’est déjà long, la vie continue, n’est-ce pas ? Deux ans, c’est se complaire, non ? On se fait du mal à croire que les choses devraient aller plus vite.

Let me tell you this:

Il faut le temps qu’il faut.

Il faut toutes les circonvolutions.*

Et si le chemin n’est pas droit, et si en marchant, je ne vois pas le bout, alors comment savoir si j’avance ? Don’t decide where it ends, comme dit Adriene presque chaque matin quand je fais du yoga en sa compagnie. Ne décide pas où ça s’arrête. Avancer ressemble rarement à ce que l’on imagine.


Guérir n’est pas facile, et parfois, ça semble même plus douloureux que la blessure elle-même. Mais si nous pouvons lâcher l’idée de ce à quoi guérir doit ressembler, alors nos cœurs guériront vraiment, en leur terme, en leur temps, et nous aussi.

Love you 😘


*j’aime bien ce mot, il est rigolo, non ?

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