• Clara

Un corps à prendre

J’étais tranquillement en train de faire mon sport comme (presque — soyons honnêtes !) tous les matins, et je réfléchissais à ma sexualité.  Je trouve le sujet fascinant parce que c’est tellement le croisement de tout ce qui fait de nous des êtres humains : le besoin de connexion, les insécurités, le lien entre corps et esprit, le désir, la vulnérabilité, les jugements, le manque, l’amour, la douleur, les identités de genre, la guérison.... Bref, oui, je vais parler de sexualité (hétérosexuelle parce que c’est mon expérience). C’est un peu effrayant et bizarre, mais je vois d’autres femmes le faire, et c’est super inspirant. Merci @lyviacairo @sexpedition @tasjoui @jemenbatsleclito (si vous ne les suivez pas encore, go !)


J’étais donc en train de penser à la façon dont je pouvais intégrer le sexe dans ma vie quotidienne. Et puis, je me suis dit, mais qu’est-ce que ça veut dire exactement ? Adepte (récente ! Merci Lydie pour l’histoire du canapé — et pour le range-couvert, mais c’est un autre sujet) de la méthode des petits pas, quel petit pas concret je pouvais faire ? Et là, venue de nulle part... Révélation ! #RoulementDeTambour

La sexualité, ce n’est pas juste mon sexe. Ah ! En fait, ce n’est pas juste les parties sexualisées de mon corps. #BigNews #JeReviensDeLoin Je m’explique, j’ai souvent eu l’impression que mon corps était une collection de morceaux, et que tout ce qui compte, c’est les parties qu’un homme peut prendre : ma bouche, mes seins, mon sexe, mon c*l. Mon corps est un assemblage de bouts reliés par d’autres bouts qui doivent être aussi « minces » que possible pour pas trop détourner de l’essentiel, un objet. Un objet de désir ou de dégoût, l’objet de regards. Un objet sur lequel la terre entière semble avoir un avis. Un objet n’est pas une personne. La valeur d’un objet, c’est son utilité. Vous voyez où je veux en venir? — Petite précision, au passage, sans vouloir être méchante, parce que c’est pas sympa d’être méchant : Chère terre entière, TES AVIS TU TE LES GARDES ! — #selflove #jemenbatsleclito #sexpedition


J’ai donc tranquillement accepté ces idées comme une vérité absolue. Le sexe, c’est être l’objet de quelqu’un, c’est telles zones érogènes, dans tel ordre, de telle manière. D’ailleurs, la terminologie anglaise du dating « first base », « seconde base », « home run », etc. continue bien cette pensée. Ça doit se passer comme suit : bisous, seins, doigt/bouche, pénétration, fin. Le sexe c’est pour le plaisir, ah bon ? Parce que clairement pas le mien. Et dans ma sexualité avec moi-même, c’est la même chose. C’est quoi ce délire ?! #fun

Donc autant dire que me rendre compte qu’en fait tout mon corps, et toute ma personne, méritait l’attention qu’on réserve habituellement à certaines parties m’a un peu fait un choc. Attends, ça veut dire que je suis une personne entière, damn ??! #MindBlown Alors que je cherchais toujours à avoir envie de choses qui ont finalement assez peu de bases dans ce qu’est mon expérience du plaisir, j’oubliais plein de parties de moi. Et j’oubliais aussi que même si aujourd’hui, je me sens aimée et en sécurité, je vis encore les conséquences de toutes les fois où je me suis sentie en danger, utilisée, humiliée, comme un objet, les fois où j’ai eu mal comme si c’était normal, où j’ai dit oui alors que je voulais dire non.... #ListeSansFin. Même si ça me met en colère et que j’aimerais que ce ne soit pas le cas. Si je ne veux pas ce que j’ai appris à vouloir, alors je veux quoi ? #VideIntersidéral Je m'y prends mal? C’est peut-être moi le problème ? Ou mon corps ? Et d’abord, est-ce que je suis quand même aimable ? #QuestionsFlippantes


Je n’ai pas encore trouvé mes réponses à toutes ces questions. Mais pour répondre à ma question du début. Intégrer le sexe dans ma vie quotidienne, ça commence peut-être tout simplement par me voir comme une personne. Ça veut peut-être dire pleurer toutes les larmes de mon corps en acceptant que le sexe puisse faire du mal, beaucoup de mal. Ça veut peut-être dire voir mon corps et mon esprit comme un tout, et accepter que l’un et l’autre soient intriqués et présents dans ma sexualité. C’est peut-être dire stop, même si ça fait peur parce que c’est tout ce que j’ai envie de dire maintenant. Ça peut, aussi, être juste poser mes mains sur mon ventre, me savonner, sentir ce que ça fait de tapoter mes jambes avec mes doigts (Oui, j’essaie des choses !), danser, réinvestir des parties de mon corps délaissées (oui, même ton gros orteil qui dit merde à celui d’à côté est sexy si tu le choisis ! #SexyCestDansLaTête). Tout ça, c’est important pour nous tous, vous ne faites pas l’amour qu’avec votre sexe, si ?

On parle beaucoup de s’aimer comme nous sommes, de prendre soin de notre santé mentale, d’accepter nos parts d’ombres autant que de lumière. Il en est de même pour nos corps. S’aimer comme nous sommes, c’est faire l’amour avec toutes les parties de nous, les plus évidentes et celles qui le sont moins, le beau et le « laid », le corps et le cœur. Tout, parce que personne ne se résume à une partie de sa personnalité ou de son corps. Il n’y a rien à prendre. Il y a juste à être, avec soi, pour commencer... #YADuBoulot

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